La turbine Canson 
 

Vers 1860 les maîtres de forges du Dauphiné et de Savoie, devant la nécessité de moderniser leurs martinets, se tournèrent vers cette curieuse roue-turbine inventée en 1847 par le papetier ardéchois Etienne de CANSON. Elle fut utilisée en premier lieu par les papeteries, mais elle intéressa assez vite les forgerons pour ses performances supérieures à leurs anciennes roues à augets transformées en "roues à grande vitesse" et ainsi poussées à leurs dernières limites. C'est alors que les mécaniciens constructeurs de ces turbines qui travaillaient déjà pour Canson de son vivant les adaptèrent habilement pour l'usage spécifique du martinet. 

Turbine Canson de martinet 
(D : 4 m, poids approximatif ~2000 kgs ! )

On peut voir la roue-support en charpenterie de bois 
fortement cerclée de fer (tout comme le bout de l'arbre proche du tourillon et du plumart), sur laquelle est apliquée la 
couronne d'augets ouverte vers l'intérieur de l'usine.

Observer ici la buse qui descend  vers l'injecteur, à l'intérieur
de la roue, dit encore "ajutage" ou "distributeur" d'ouverture
réglable (invisible sur cette vue prise lors de la démolition
d'un martinet chez Bret à Charavines)


De taille modeste à ses débuts dans l'industrie papetière, ce moteur atteignit des dimensions et  des performances plus qu'impressionnantes. De 2, 50m jusqu'à 4 mètres de diamètre pour les martinets recensés. Le principe repose sur une roue à aubes courbes inversée, fixée en porte à faux sur une roue pleine en bois. L'eau arrive sous pression à l'intérieur à la partie inférieure de la couronne d'aubes, par un tube courbé qui se termine par une vanne-guillotine-injecteur produisant un jet puissant au ras des aubes. C'est une turbine de type centrifuge à injection partielle, comme l'étaient  également les turbines Girard radiales, toutes deux de la famille des turbines Fourneyron.
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Il y eut aussi une filière vosgienne de la turbine Canson, elle fut utilisée là pour l'entraînement des scieries. Les Eaux et forêts en avaient équipé leurs scieries domaniales (60 environ) parce que ces roues étaient plus fiables que les grandes roues en bois des siècles précédents. Un dernier exemplaire est visible à la Scierie du Lançoir, à  88230 Ban-sur-Meurthe-Clefcy.  http://lelancoir.free.fr/ 

Bibliographie contemporaine sur la turbine Canson
 

- Robert GIRARD, Les turbines Canson des martinets de forge en Dauphiné et Savoie. 1995-2000 . (à paraître)
- SOM, Chantal. La Forge de Marthod . Cahiers du Vieux Conflans, N°159, 1998.
- SOM, Chantal. Recherche taillandier désespérément - La taillanderie artisanale : un métier condamné ? . Mémoire de Maîtrise d'Anthropologie, Lyon II, juin 1996.
- ANDRE, Louis. Innovation et transformations de l'industrie papetiere en France, 1798-1860, Machines à papier. Editions de l'EHESS, 1996. 

 

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